Retour d'expérience Marathon 2025
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Transcription de l'épisode
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Bonjour les amis, j'espère que vous allez bien. Ça fait hyper longtemps que je n'ai pas fait ce format-là de S'entreprendre. Nous sommes sur l'épisode 6 et je crois qu'on est sur un mois, un bon mois où bah j'ai rien fait. C'était le plan, c'était le but de passer moins de temps sur ce podcast, mais en même temps, je vous avoue que ça me titille de passer quand même un peu plus de temps et de vous parler. Donc là, ça me fait plaisir de faire cet épisode, et surtout ça va être un épisode assez spécial vu qu'on va parler du marathon de Paris que j'ai enfin finalisé.
Donc après 5 mois de préparation dure et intense, eh ben le but là, c'était de vous le documenter, vous parler justement du marathon, ce que j'ai compris, ce que j'ai appris, la prépa, le jour J, les enseignements, et de vous plonger dans cette épreuve qui, je pense, est un bon angle justement de s'entreprendre soi-même et être entreprenant au-delà du business et l'entrepreneuriat. Je vais pas faire les actualités, je vais pas faire comment ça va, même si tout va bien, j'ai vraiment envie de focaliser l'épisode sur le marathon.
Je vais aussi faire un documentaire, un documentaire, j'abuse. Une vidéo, on va dire, qui va retracer ce qu'on a fait du coup pendant le marathon avec Paul. Donc, on s'est inscrit ensemble. Et donc voilà, je vais vous raconter tout ça, mais j'aimerais en faire une vidéo, une petite capsule vidéo que je vais mettre sur la chaîne YouTube prochainement. Voilà, c'est un petit truc plus perso, mais pour garder une trace des victoires, ça fait toujours plaisir.
On est parti. Je vous propose la préparation, le jour J et également les enseignements, ce que j'en tire, soit associé au business ou en perso. Voilà. Voilà tout ça. On est parti. Let's go.
La prépa, préparation. Déjà, avant la prépa, c'est l'inscription. On s'est inscrit, je crois que c'est en août, avec Paul. Donc Paul, c'est mon acolyte de sport. On aime bien se lancer des défis et s'accompagner là-dedans. Donc là, on s'est lancé un challenge de faire le marathon. C'était quelque chose qui un peu nous titillait.
On avait envie de tester de faire la longue distance, un peu après le semi qu'on avait déjà fait. On a fait pas mal de triathlon aussi ensemble. Donc on a fait deux M ensemble et on s'est inscrit pour un half Iron Man fin juin. Donc je vous en parlerai à la fin. Mais là, le challenge, c'était de se donner le marathon, aller chercher un objectif en plus et voir ce que ça donnait, comment le corps va agir, comment on va réussir à faire la prépa. Donc voilà, c'était le gros challenge.
Donc inscription en août. En août, je m'entraîne pas. Enfin, je m'entraîne, mais là c'était triathlon à cette période, et je commence à m'entraîner, je crois, en octobre, quelque chose comme ça. Octobre, novembre. Donc c'est à base de trois séances par semaine. J'avais commencé par trois séances par semaine parce qu'il y avait bah plein de trucs à faire à côté.
Trois séances, c'était bien, mais je sentais que bah j'avais du mal à récupérer. En fait, je faisais des trop grosses séances. C'était hyper dur en plus pendant la période de l'hiver, octobre, novembre, décembre. Il fait froid, il pleut, t'as pas du tout envie de sortir. Et ça, mentalement, c'était hyper dur.
Là-dessus, je suivais un programme qui est sur Kiprun. Donc j'utilisais l'application Kiprun de Decathlon. J'ai setup mon programme. En vrai, c'est simple. Tu mets le temps que tu veux faire, ton niveau. Tu testes ton niveau avec un test qui s'appelle le test de demi-Cooper.
Donc pendant 6 minutes, tu cours au max. Tu dois tenir pendant 6 minutes et tu vois la distance que tu fais. Donc ça te donne à peu près ta VMA. Bon, je vais pas rentrer dans les détails. Ça te donne ton niveau et après tu bases ton plan pour t'entraîner pour le marathon là-dessus. Donc moi, j'ai utilisé Kiprun, je sais qu'il y a Renard qui existe. Je connais pas trop les autres plateformes, mais voilà. En tout cas, moi, j'ai pris la solution simple, basique et efficace.
Donc entraînement, première partie. Bah donc jusqu'à décembre, hyper dur, il faisait froid, c'était compliqué. J'avais des chaussures normales, je me suis acheté de nouvelles chaussures, des Hoka, qui étaient grave cool. Je venais d'emménager à Lisbonne. Donc je commençais à découvrir Lisbonne et je naviguais le long du Tage, donc le long de la rive. Donc ça, c'était vraiment trop sympa.
Je m'entraînais beaucoup seul, donc j'étais pas avec d'autres personnes, j'étais vraiment solo, et j'aimais bien ces moments, ces moments de solitude où je pouvais être vraiment que avec moi-même, écouter soit des podcasts, soit des livres audio, soit de la musique. J'étais beaucoup en mode livre audio et podcast.
Et après, la deuxième phase de préparation, donc là, il y a mon coach qui est rentré du coup dans l'équation parce que je m'entraîne pour le half Iron Man de Nice, et donc il est rentré un petit peu à la fin quand même, pendant le dernier mois de préparation. Donc j'ai fait 5 mois au total, et donc sur cette deuxième phase, c'était beaucoup mieux parce que déjà il faisait un peu plus beau. Il y avait les beaux jours qui arrivaient. Je sentais que l'entraînement était plus dur. C'est-à-dire, je faisais quatre séances après par semaine.
Je faisais attention à mon alimentation, donc tout ce que je mangeais, pour récupérer, et après, j'essayais de jongler avec le taf. Donc ça, c'était le gros challenge. Je courais, je pense, en fin de journée quand j'étais à Lisbonne, et quand j'étais à Paris, je courais le matin. Parce qu'à Lisbonne, je me lève très tôt, vers 6h30, donc je peux pas courir le matin encore plus tôt. Donc faudrait que je me lève à 5h, donc là c'est un peu plus compliqué. Mais à Paris, du coup, je pouvais me lever à 6h30 et commencer ma journée comme ça, parce qu'à Lisbonne, vu que c'est décalé d'une heure, je préfère être sur le créneau quand même français.
Et c'était compliqué aussi à gérer tous les allers-retours, donc entre Paris, Lisbonne, Barcelone, et cetera, il y a eu pas mal d'allers-retours à droite à gauche. Donc ça, c'était compliqué à gérer, notamment avec les valises, les chaussures, pas toujours la déter de sortir. On perd un peu ses habitudes. Dès qu'on va à un endroit, bah en fait, j'ai plus mes trucs de prot, mes trucs, mais les endroits où je vais courir. Donc c'est beaucoup plus compliqué à gérer.
Donc faut à chaque fois avoir le bon setup, bien s'organiser la veille, bien préparer ses affaires. Ça, c'était mon hack pour sortir à chaque fois. Donc bien setup toujours mes affaires du lendemain pour m'assurer que le jour J, bah le lendemain, je vais dire quoi, qu'il y a pas de friction.
Pendant l'entraînement, je pense effectivement à la moitié de l'entraînement, je me suis fait mal à la cheville. Donc ça, ça m'a fait vraiment un coup au moral. C'est-à-dire que je courais, c'était, je me souviens, le soir sur la rive du Tage dans Lisbonne. Je courais et je faisais une séance, en plus elle était nulle. Genre c'était une séance 10 km, quelque chose comme ça.
Et au bout du 5e km, hyper mal à la cheville, genre hyper mal. Je sens que c'est rien de cassé, et cetera. J'ai déjà eu deux entorses en fait sur la cheville droite, et je me demande si c'est pas bah l'entorse en fait qui est mal réparée et trop sollicitée. Bah du coup, ça l'impacte et du coup j'arrive pas à avancer. Je prends une gorgée d'eau. J'avais oublié que ça me prenait beaucoup de salive.
Et donc là, j'avais hyper mal à la cheville. J'ai même pas réussi à finir mon run. Donc je suis rentré en marchant, hyper déprimé, et donc j'ai mis de la glace, et cetera, j'ai mis des bandages pour après, et vraiment je me disais : bon ben en fait, là, tu fais des sorties chill, mais donc tu vas plus pouvoir t'entraîner bien. J'ai fait repos pendant 2 jours, 2-3 jours. Donc j'ai loupé une séance à ce moment-là et j'ai repris juste après.
Ça avait l'air un peu mieux, mais je sentais que j'avais encore mal. Je rentrais en France à ce moment-là. Donc je suis allé voir une ostéo qui m'a fait des tests, et en fait le truc que je ne savais pas, c'est que mon bassin est pas bien placé. Donc il est trop en avant ou trop en arrière. Je crois trop en avant.
Ce qui fait que mes chevilles, en fait, si je prends une cheville comme ça, ma cheville, elle appuie trop vers l'avant parce que mon bassin est trop vers l'avant, et ce qui fait qu'il y a un frottement entre mon os de cheville et un muscle. Ce qui fait que bah j'ai cette sensation de tiraillement, de frottement sur un muscle, qui fait que c'est hyper désagréable quand je courais. Donc elle m'a donné des exercices de renfo. Je savais pas qu'il fallait faire du renforcement musculaire.
Donc là, j'ai compris que c'était hyper important de renforcer bah tout le bas du corps. Même le haut, c'est important, mais le bas du corps pour pas se blesser. Parce que quand on fait un fort volume d'entraînement comme ça sur des muscles qui ont pas du tout l'habitude bah de courir autant, eh ben on se retrouve vite bah à des moments où on pourrait se blesser, justement parce qu'on n'est pas assez fort, pas assez renforcé à ces endroits-là. Donc j'ai suivi à la lettre tous les exercices de renfo. Donc je faisais deux séances par semaine à peu près.
Et donc là, ça allait beaucoup mieux. Donc j'arrivais du coup mieux à recourir. J'ai plus mal. Je suis allé voir quand même une podologue, je crois que c'est ça, pour faire des semelles. J'ai toujours pas reçu les semelles. C'était plus pour le faire en prévention.
Mais du coup, je les aurai la semaine prochaine d'ailleurs, en une ou deux semaines, je vais les chercher. Donc ça, ça m'a pas servi à grand-chose, à part qu'elle m'a dit : bah oui, effectivement, il te faut des semelles. Et du coup, j'ai pas arrêté de continuer à m'entraîner. Donc franchement, j'étais millimétré sur le nombre d'entraînements.
Je suis passé du coup à 4, comme je disais, j'ai fait 74, et ça, franchement, c'était ma grosse fierté, c'était de faire 74 entraînements sur les 74 que je m'étais fixés. Et donc ça, c'était, je pense, la plus grosse victoire, d'avoir eu cette discipline, d'avoir rattrapé du coup l'entraînement que j'avais loupé, plus d'avoir réussi à bien tenir le rythme.
Le dernier mois, il était assez compliqué parce que j'ai dû intégrer le vélo et la natation en plus pour l'entraînement du half Iron Man. Donc ça, en plus de la course, il y avait du bien et du mauvais. Donc le mauvais, c'est que c'était les volumes de travail en plus et de sport, même si je kiffe. Voilà, ça, ça sollicitait pas mal.
Et le bien, bah, c'est que je variais les plaisirs. C'est-à-dire que si on fait tout le temps que des kilomètres, que des kilomètres, que des kilomètres, eh ben en fait on fait un peu toujours la même chose. Donc là, ça permettait de varier entre la pistoche et le vélo. Ça, c'était vraiment cool.
Pendant toute la prépa marathon, ce qui est génial, je trouve, dans la course à pied, même en vrai dans les sports en général, je pense ça se retrouve dans le vélo aussi pas mal, pas trop dans la piscine, mais je trouve que tu progresses quand même hyper rapidement. C'est-à-dire qu'au début, je faisais que des 10 km, j'arrivais pas à faire plus. Ensuite, je suis passé à 15, 20, 25, 30, et je savais pas que mon corps était capable de faire ça, et surtout à une telle vitesse de progression.
Et même, une sortie que j'ai faite, je crois, deux ou trois semaines avant le marathon, eh ben j'avais une sortie de 30 km à faire, et je sais pas, je me suis chauffé. En fait, moi je fais des allers-retours comme ça, donc je fais 15 d'un côté, puis après je fais 15 de l'autre, comme ça je suis obligé. Et donc là, j'étais arrivé au 15e km et je me suis dit : mais en fait, bah t'as déjà fait 15, pourquoi tu testes pas de faire 21 ? Fais 21 et puis tu verras ce que ça donne, au pire tu rentres à pied. Donc je fais 21, et là je me dis : bon, t'as fait 21, maintenant t'es obligé de faire le retour, let's go, et essaie de te tenter un marathon.
Et donc là, j'avais toute la nutrition avec moi. Donc c'était des barres pour avoir de l'énergie, plus après des gels à la fin pour donner de l'énergie plus sucrée. Les barres permettent de bah de stocker mieux et d'avoir quelque chose de plus consistant que des gels, qui vont être beaucoup plus un coup de boost vers la fin. Et donc j'avais toute l'alimentation nécessaire.
Donc je me suis dit let's go, c'était le bord de mer. C'était génial. J'étais jamais allé aussi loin. Donc c'était de Lisbonne à Cascais. Vraiment, c'était magnifique, incroyable. Et du coup bah je me retrouve à faire le 42 km, faire un marathon pendant la prépa. Et donc ça, c'était une grosse victoire. Je l'ai fait en 3h49.
L'objectif que je m'étais fixé initialement, au tout début de la prépa, je m'étais dit : « Bon, tu vas faire 3h30. » Une fois que j'ai intégré le coach, il m'a dit : 3h30, ça va pas être possible, fais 3h45, parce que sinon tu risques d'empiéter sur le programme half Iron Man, et du coup bah que tu sois trop fatigué, et cetera, que ce soit trop galère. On a réajusté le plan pour 3h45, et en fait, en faisant ce marathon en 3h49 pendant l'entraînement, je me suis dit : en vrai, ce serait dommage de viser 3h45, donc 5 minutes à battre, go viser 3h30.
Donc j'en parle à mon coach, il commence à me dire : « En vrai, t'es sûr de toi ? Parce que 3h30, il y a deux options en fait. Il y a deux options pour ton marathon. Soit tu fais 3h45, tu sais que tu vas kiffer ton marathon. Donc tu vas le faire, tu vas y arriver. Bon, ça va être challengeant, mais voilà. Ou sinon, tu fais 3h30. Donc tu vas à un rythme qui est quand même plus élevé que ce que t'as l'habitude de faire, et il se peut que tu exploses en plein vol. Donc tu vas tenir le rythme, mais il se peut qu'à la fin tu exploses. »
Et en fait, je m'étais tellement conditionné mentalement pour le 3h30 après que je me suis dit : j'ai envie d'aller chercher cette limite-là. J'ai envie d'aller découvrir un peu le challenge en plus, en fait la limite, parce que j'arrive pas à savoir encore la limite de mon corps. Je me suis jamais vraiment blessé. Je me suis jamais retrouvé dans une situation où j'étais dans l'incapacité de finir, et ça m'intéressait justement d'aller découvrir cette zone-là, qu'est-ce qui se passe physiquement et qu'est-ce qui se passe mentalement.
Donc je lui ai dit clairement, je lui ai dit : bah franchement, j'ai toutes les composantes. Je sais qu'il y a une option une, une option deux, mais honnêtement, j'ai envie d'aller chercher l'option à 3h30. J'ai envie de tester, j'ai envie de voir ce que ça donne. Au pire, j'y arriverai pas, mais au moins, j'aurai essayé et j'aurai mis les efforts pour. Il m'a dit : « OK, OK, on teste, on ajuste le programme. »
Donc ça, c'était deux semaines, je crois, avant le marathon. Là, je me retrouve à faire des séances tellement plus dures, avec une allure tellement plus intense par rapport à ce que j'avais l'habitude de faire. Et le problème que j'avais, c'est mon cardio. Quand on court, il y a deux choses qui peuvent lâcher : les jambes ou le cardio. Donc les jambes, c'est musculaire, alimentation, et cetera. Et cardio, bah ça va être tout simplement le rythme cardiaque, à quel point tu vas vite et à quel point tu peux bah supporter l'ensemble de l'effort et réussir à avoir un bon rythme, avoir assez d'oxygène pour alimenter tes jambes.
Et moi, mon point faible du coup, c'était le cardio. Donc ça, ça me trottait dans la tête. À chaque fois que je faisais des séances, je sentais mon cœur qui battait, qui battait. Ma montre, en plus, qui m'indiquait que j'étais vraiment à 180 BPM. Donc vraiment 180, c'est quand même assez élevé. Idéalement, on recommande d'être à 160-165.
Donc à chaque fois, j'étais vraiment au-dessus, et je me suis dit : bon bah, faut pas que tu mesures avec ta montre. Si ça se trouve, elle dit n'importe quoi en plus. Donc fais abstraction et let's go. Fais-le juste un peu au feeling. Si tu sens que ton cœur, il tient, il tient. Donc j'ai continué comme ça jusqu'à la fin de mon entraînement.
Donc là, je suis arrivé à la dernière séance, la veille. Non, pas la... si, je crois que c'était la veille. 5 km tranquille, histoire de faire la 74e séance sur 74. Je retrouve notre ami Paul. Du coup, c'est à Paris, on se retrouve à Paris. Et lui, par contre, c'est pas la même prépa. Il a pas eu de chance.
En fait, il a une périostite. La périostite, c'est au niveau du tibia. Donc il y a l'os du tibia qui est comme ça, et donc là, il y a une sorte de muscle qui est collé au tibia, et en fait ça se décolle, la périostite. Et donc c'est ce muscle-là qui est au-dessus du tibia qui se décolle un peu, et souvent ça arrive, c'est une blessure des coureurs, et c'est hyper galère apparemment à résoudre et à réparer. Et en fait, il s'est retrouvé avec ce problème-là au début de la prépa.
Donc au final, il a fait, je pense, six ou sept séances, donc vraiment rien du tout. Et donc il savait pas s'il pouvait courir le marathon. Il avait fait un entraînement une semaine avant, 22 km. Il sentait qu'il avait hyper mal, mais que ça pouvait le faire. Et du coup, il s'est chauffé, il s'est dit : « Vas-y, let's go, je le tente quand même. Je vais essayer de faire le 42 km avec seulement bah 6-7 séances de prépa. »
Donc on se retrouve tous les deux à se préparer la veille. Donc en vrai, c'est un moment qui est assez cool parce que tu prépares tes affaires, tu prépares tes chaussures, tout ce que tu vas avoir pendant le marathon. Moi, j'avais la GoPro en plus, donc je préparais tous les trucs pour filmer, ton alimentation en fait, tu vois, tout ce que tu vas vivre en fait le lendemain. Donc tu le prépares.
Je crois que j'ai pas bien dormi. J'ai dû dormir 6h, même 5h30, 6h. Ouais, parce qu'on s'est couché tard. T'as toujours un peu le stress de la veille. J'étais pas hyper stressé, mais voilà, tu penses, donc j'ai mis plus de temps à m'endormir que d'habitude.
Et le jour J, bah moi, je me sens confiant, je me sens prêt. On part dans des sas qui sont différents avec Paul. Paul part avec objectif 3h45, je crois, et comme ça il part avant moi, et moi je pourrai du coup le rejoindre, et potentiellement, on avait calculé, on ferait potentiellement la ligne d'arrivée ensemble, parce que lui, il voulait courir à une allure du coup moins importante. Donc il part, moi je vais dans mon sas, là je me mets de la musique, même des vidéos pour me motiver.
Et là, la pression monte, pression monte, ligne d'arrivée, on voit les sas qui partent, et en fait, là, t'es dans un moment où en fait tu peux plus rien faire. Donc t'as tout donné, moi je savais que ma prépa, elle était nickel, j'accepte le fait que voilà, tout est derrière moi. Il y a plus rien que je peux changer. Maintenant, c'est le jour J. Il va falloir juste que j'aille bien, que je charbonne bien.
Et par contre, tu vises un objectif un peu plus ambitieux. Donc 3h30, je sais pas ce que ça va donner, et puis juste faut tout donner, quoi. Donc là, il y a le départ, là t'es lancé, t'es avenue des Champs-Élysées. Incroyable, il y a tellement de monde, c'est fou. C'est le matin très tôt et tu défiles sur les Champs-Élysées.
Puis après, donc, tu fais le parcours. C'est tout un grand parcours qui va des Champs-Élysées jusqu'au bois de Vincennes, et qui repasse par Paris par les quais, qui retourne bois de Boulogne et qui finit Arc de Triomphe, quelque chose comme ça. Et 10 premiers km, ça va, je suis à mon allure, je suis même plus rapide. Donc je suis à 4'50. L'objectif, c'était de rester à 5 en allure, donc 5 minutes au kilomètre, donc j'étais un peu plus rapide.
Je vois des gens que je connais du coup qui me soutiennent. Donc ça donne de l'énergie, ça donne du courage. Ensuite, je passe par Vincennes. Vincennes, jusque-là, je vais bien. 20e km.
Arrivé au 20e, je commence à me dire : « Bon, là, ça commence à être long et ça va être long. » Ça veut dire j'ai fait la moitié, même pas la moitié, parce que j'étais au 20e et pas au 21e. Je sortais du bois, je me dis : mais waouh, là t'as fait un semi et là il faut que tu fasses le double. Bon, t'as beaucoup moins de jambes qu'avant, là. Tu sens que t'es un peu plus fatigué. Ouais, comment ça va se passer ?
Et de base, je m'étais dit : « Vas-y, tu mets pas d'écouteurs, tu vis le truc sans écouteurs, et cetera. » Mais quand tu fais le bois de Vincennes, en fait, il y a pas grand monde dans le bois. Et donc, je sors de ce truc-là et je me dis : « Mais là, si je mets pas d'écouteurs ou si je me stimule pas autrement, bah là, ça va pas le faire en fait, ça va être compliqué. » Donc je me chauffe à sortir mes écouteurs.
Je vais aussi brancher mon Mac parce que sinon je vais plus avoir de batterie. Hop, on va faire ça en même temps. Tac. Ça met un petit suspense. Hop. Normalement, c'est bon.
Et donc là, je me chauffe, je mets mes écouteurs parce que je me dis ça va pas le faire, ça va être dur, ça me donne un coup de boost, ça me donne de l'énergie, et jusqu'au 23e km, je pense. 23, 24. Ouais, là je commence à sentir que c'est un peu plus compliqué, quoi. C'est plus compliqué, c'est plus dur. Je tiens l'allure.
J'ai des personnes en face de moi que je suis depuis une dizaine de kilomètres. Donc ils ont l'allure que je veux. Ça me permet de les suivre, ça me met un point de repère. Mais je me dis : si eux, je les perds, bah là, je suis perdu en fait. Là, ça va être hyper compliqué de revenir.
27e km. Là, je sens que je suis vraiment en galère. J'ai réussi à manger mes barres, donc ça a été hyper important de s'alimenter, mais j'arrivais plus à manger la demi-barre que je devais manger. Et je sens que c'est dur en fait. Là, je me dis : là, je vais lâcher, je vais craquer. J'ai mon cœur qui va hyper vite. Je sens que mon cardio, il est élevé.
Et là, d'un coup, en fait, ça vient d'un coup et en même temps progressif. En fait, c'est bizarre, j'ai un sentiment d'impuissance vraiment de tout mon corps, et c'est ce qu'on appelle le fameux mur. Donc c'est au moment où tout ton corps a épuisé les ressources dont il avait besoin. Donc après, il switch en termes de système, mais il a épuisé, je crois, c'est tous les glucides, et en fait il a plus d'énergie, donc c'est-à-dire impuissance totale.
J'ai plus de jambes, j'arrive plus à avancer. Je me rends compte que bah les gars que je suivais, qui étaient devant moi, bah en fait ils s'éloignent. Je regarde mon allure, je ralentis, je vois mon chrono, il s'éloigne aussi. En fait, je me rends compte que bah ouais, là, je suis en train de perdre le truc, quoi. Je suis en train de perdre le truc.
Mon mental, il est là, mais en fait mes jambes, elles avancent pas. Je suis bloqué. J'ai l'impression que tout est lourd, tout est hyper compliqué, et je continue à avancer, je continue à avancer, je continue à avancer. Mais je vois chaque pas que je fais, bah c'est des minutes en moins sur mon chrono de 3h30.
Et donc là, je commençais à rentrer dans un état d'esprit, et ça, c'est hyper intéressant, où je me dis : « Vas-y, tu vas le faire, tu vas le faire, tu vas le faire, tu tiens, tu tiens, tu tiens », et en même temps, il y a une dissonance entre ce que je me raconte et mon corps, jusqu'au moment où, 30e km, bah là, je commence à me dire : « En fait, là, c'est plus possible, là, en fait ton chrono, il est là, c'est pas possible, ça marche pas. » Et donc là, je me demande même : est-ce que je vais réussir à le finir en fait, ce marathon ?
Parce que OK, ton chrono, là, tu l'as perdu. 3h30, t'y arriveras pas, c'est pas possible. Genre physiquement, là, ça marche pas, t'as pas les jambes, tu t'es pris le mur. Bon, là, c'est compliqué, mais est-ce que tu vas même le réussir en fait, ce marathon ? Et chaque kilomètre, en plus t'es lent, plus c'est long, plus tu mets du temps, et chaque kilomètre est tellement long, tellement douloureux.
Et à chaque fois, je me remémorais du coup Vipassana, le truc que j'ai fait du coup en Inde. Je suis parti 10 jours en méditant, et donc c'est 10 heures de méditation par jour, c'est hyper long, et je me disais à chaque fois : bon, t'as vécu ça, ça va, ça va aller vite, ça va passer. Mais je me souviens, c'était hyper, hyper long. Donc là, c'est vraiment mental, que du mental.
J'avance, j'avance, je commence à avoir des crampes, mal aux jambes. Pourtant je m'hydratais, j'avais plus d'eau dans mon sac. J'essayais de faire les ravitos, mais pareil, plus de jambes, je commençais à cramper, cramper, mais vraiment partout. Donc devant les cuisses, derrière les cuisses, aux deux mollets. Vraiment, c'était hyper dur.
Et ce qui a vraiment fait la différence, je pense, c'est au 32e km. J'ai retrouvé d'abord Lucas, Lucas Lopez de Net and Connect, très bon poteau, qui devait me rejoindre au 30e, mais il m'a loupé deux-trois fois, donc il a réussi à me rattraper au 32e-33e. Donc ça, ça m'a beaucoup aidé, parce que moi, j'avais un gars qui était à côté de moi, là, qui me disait : « Ouais, comment tu vas ? » et tout, machin, et qui me donnait de la force.
Ensuite, j'ai Pax qui m'a rejoint, et au 35e km, je retrouve Paul. En fait, j'avais dépassé Paul, je m'étais pas du tout rendu compte. Et en fait, je retrouve Paul qui est revenu dans la course avec aussi une team de poteaux qui l'accompagnait, et son papa. Et donc on s'est retrouvés à 6-7 personnes à courir du 35e km jusqu'au 42e. Donc c'était pour faire toute la fin.
Et c'était magique en vrai. C'était incroyable, parce qu'on se voyait du coup avec Paul en se disant : bon, on est encore en vie. Même moi, j'étais hyper surpris de le voir jusque-là. Je pensais qu'il allait pas réussir. Donc on continue, on continue, on continue. Après, il me dépasse.
40e km. Là, il commence à tracer. Moi, j'ai vraiment plus de jus. Je sens que je suis vraiment au bout du rouleau. J'ai chaud. Mon allure, elle est hyper fatiguée. Je lève pas les jambes en fait. Là, je traîne des jambes, et cetera.
Lucas qui me dit : « Let's go, avance, donne tout, donne tout, donne tout. » Je donne des accélérations. Puis après, là, je commence à cramper, c'est hyper dur. Puis on croise d'autres gens aussi qui nous soutiennent, qu'on connaît. Ça, ça donne de l'énergie.
Et là, je me retrouve sur les derniers 500 m où, ouais, je vois que c'est la ligne d'arrivée. Je me dis : « OK, c'est derrière moi, là, il faut que je donne tout. » Je commence à courir, courir, courir, courir. Je crampe, je crampe, je crampe. Donc je fais des accélérations, décélérations, accélérations, décélérations. Tu vois, je crie même, je crie de douleur tellement je crampe.
Et je continue, je continue jusqu'à passer la ligne d'arrivée. Et là, je me stoppe net derrière la ligne d'arrivée en disant : bah je fais même pas 2 m de plus, c'est fini. Et là, franchement, moment magique en vrai, de joie. Je vois Paul à l'arrivée, on se serre dans les bras, on est trop contents, on l'a fait. Il y a tout le monde qui est là, et ouais, sentiment...
Je pense qu'au début, tu réalises pas trop, t'es plus dans l'euphorie du truc. Tu dis : « Ouais, on a réussi, trop bien, trop bien. » Et c'est que la douleur est passée. Donc tu te focalises vraiment que sur ça. La douleur est finie.
Et après, ouais, moment un peu d'émotion, de voir tout le monde, voir qu'on l'a fait, voir que les 5 mois de prépa sont derrière nous, que finalement c'est possible. Tu peux te prouver, à ton corps, que tu le fais. Et en termes de chrono, moi qui pensais être hyper loin de ce que j'allais faire et même pas réussir à le finir, j'ai fait 3h39, non, 3h37, et franchement, j'étais pas déçu.
J'étais trop content parce que les 3h30, je voulais tester. L'objectif de base était 3h45, mais je m'étais quand même fixé 3h30. Je savais qu'à un moment, il y avait un risque que j'explose. Et j'ai clairement explosé en plein vol. J'ai découvert ma, entre guillemets, limite physique là-dessus, et comme quoi je pouvais, bah, je sais pas ce que c'était en fait de vivre ça.
Ça m'a permis d'apprendre énormément là-dessus, et au final, j'ai capté que bah les kilomètres d'après ont été faits vraiment au mental. Et donc c'est 7 minutes d'écart, je suis allé quand même les chercher, alors que je pensais vraiment que j'allais faire beaucoup plus. Je me suis dit : tu vas faire peut-être en dessous de 4 heures, on verra. Mais vraiment, j'avais plus de jus, et ce qui m'a redonné tout le jus, c'est revoir Paul, revoir les copains, y aller ensemble. Ça, ça m'a donné une énergie incroyable.
Et finalement, grosse fierté en vrai d'avoir fini ce marathon jusqu'à la fin et de se dire que ouais, c'est faisable en fait, c'est vraiment faisable, et chacun ses objectifs, chacun son rythme. Et je suis pas déçu d'un, entre guillemets, d'un échec, parce que me disait mon coach : si tu fais pas tes 3h30, il se peut que tu sois déçu, je sais pas à quel point t'es résilient ou est-ce que t'es attaché justement à des échecs. Une phrase que j'aime bien, c'est : soit tu gagnes, soit tu apprends. Là, j'ai beaucoup appris. J'ai capté aussi mes limites, et ça, je pense que c'est la plus grosse leçon que j'en tire.
Ce que je tire de ce marathon au final, bah c'est que la vraie victoire, je l'ai vue dans l'entraînement, dans la prépa. Le fait d'être rigoureux, discipliné. L'intérêt aussi que j'ai vu dans le marathon, c'est pas forcément que courir ou être en bonne santé, mais c'est apprendre plein de choses. J'ai appris plein de trucs sur les types de courses, sur les chaussures adaptées, sur l'alimentation. En fait, il y a tout un univers qui s'ouvre à toi, qui est vraiment hyper intéressant.
J'ai capté que faire une aventure solo ou à plusieurs, il y a quand même une énorme différence. Je dis pas qu'il y en a une qui est meilleure que l'autre. En tout cas, moi, je pense que je préfère le faire ensemble. Ça a plus de saveur, je trouve, parce que tu gardes le côté solo où t'es dans ton épreuve, bien que tu sois avec un poteau. Donc chacun est dans son effort, mais t'as quand même ce côté partage.
C'est un peu comme le voyage. Soit tu peux voyager solo et être hyper libre, faire ce que tu veux, soit voyager avec quelqu'un et le partager. Ça, j'ai vraiment aimé. Je pense que le partage, il est hyper important.
Et derrière, je pense que c'est l'objectif : aller chercher un objectif plus ambitieux que ce qu'on pense réaliste, et donner le maximum, et ne pas être déçu si on n'atteint pas l'objectif. Si tu penses que t'as donné le max, tu feras mieux la prochaine fois, mais au moins t'auras fait mieux que ce que tu espérais avant. Et donc c'est en mettant cet objectif-là que j'ai pu aller chercher vraiment des limites en plus et faire ce que j'aurais pas pensé pouvoir faire avec du 3h45, par exemple.
Donc voilà, les enseignements sur le business. Je sais pas trop s'il y a vraiment des parallèles à faire. J'ai pas envie d'un truc bullshit. Moi, le vrai truc que ça m'apporte, c'est, mine de rien, faire des trucs qui sont durs, qui nécessitent de la détermination, de la discipline, un état d'esprit un peu compétitif, gagnant. Bah mine de rien, je trouve que ça te forge pas mal sur de l'entrepreneuriat.
Tu dois avoir un peu ce même parallèle : résilience, se dépasser, voilà, tous ces trucs-là. Et je trouve que ça alimente beaucoup cette chose-là, et je pense que dans l'entrepreneuriat, j'ai vécu des choses dures, mais qui sont pas de la même nature et qui sont différentes. Et je pense que les trucs les plus durs que j'ai faits, c'est sûrement à travers le sport, et donc c'est intéressant de forger son esprit par rapport à ça.
Et le prochain objectif du coup : half Iron Man, 29 juin à Nice, malheureusement. Et donc là, on n'a pas encore le verdict. On verra. Je crois que Paul, après le marathon, ça lui a fait une sorte de fracture de fatigue. C'est pas une fracture, mais une sorte de douleur de fatigue en dessous du pied.
On a les résultats dans 2 jours, mais malheureusement, il sera blessé pour le half Iron Man. Donc il se peut que cette aventure-là, je la fasse tout seul. On a fait les entraînements ensemble, on a commencé, donc peut-être qu'il s'entraînera un petit peu, mais je pense, vu les pronostics, qu'il sera pas de l'aventure. Il sera présent sur place. Il y aura Anne aussi, ma chère copine.
Et donc on verra ce que ça va donner. En tout cas, là, ça charbonne bien. Le coach m'a mis des bonnes séances. Je fais mon programme tel un bon élève, et puis on verra. Objectif 5h30, objectif ambitieux comme on veut, et puis je vous partagerai tout ça.
Je vous dis à très vite. Prenez soin de vous, faites un peu de sport, c'est bon pour la santé, le bonjour, le mental. Ciao.