Patience, définissons le plan avant d’exécuter
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Transcription de l'épisode
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Hello les amis, bienvenue pour ce nouvel épisode de S'entreprendre. On est à l'épisode 14, et ça fait trop plaisir. Vous vous rendez pas compte à quel point j'avais hâte de tourner cet épisode, parce que j'ai pas pu le tourner dimanche dernier au soir. Donc nous sommes actuellement lundi soir, même plutôt mardi matin, à minuit 35, donc c'est un épisode assez tardif, donc je vais prendre la voix qui va avec. Et je suis trop content de le faire parce que je voulais le faire, j'ai pas pris le temps le dimanche, j'ai quand même pas mal d'énergie là ce soir, et je me suis dit que c'était le bon moment pour nous faire ce bel épisode hebdomadaire.
Pour ceux qui découvrent le podcast, bienvenue sur S'entreprendre, le podcast pour les entrepreneurs qui ont envie de s'entreprendre soi-même, qui ont compris que, bah, la quête entrepreneuriale, c'est aussi se découvrir, s'améliorer, mieux performer pour, au final, aller chercher des objectifs encore plus ambitieux, mais surtout se découvrir et s'entreprendre soi-même. C'est vraiment ma petite phrase à moi, mon petit dicton. Et dans ce podcast, je partage l'ensemble de mes enseignements, ce que j'apprends tout au long de la semaine, ce que j'apprends dans toute ma quête entrepreneuriale, et aussi à travers les projets que je porte.
Le projet du moment, et bon, ça fait déjà un bon moment vu que ça fait 3 ans, et on est parti aussi pour quand même de belles années encore, c'est Growth Hiring, une entreprise qu'on a créée avec Hugo Dolphus et Marilou Gérard, où on éduque et on forme les recruteurs à l'ensemble des méthodes du growth qui s'appliquent au monde du recrutement. Donc le growth, le marketing et la vente au service des recruteurs. On leur apprend les nouvelles méthodes, les nouveaux outils pour qu'ils puissent rencontrer plus de candidats qualifiés et aller chercher plus de rencontres.
Dans cet épisode, ce que j'aimerais vous partager, ça va être les actualités de la semaine. Je me suis rendu compte que je prenais beaucoup de temps sur les actualités, qui apportaient pas forcément beaucoup de valeur, donc on va les ratisser très rapidement à chaque fois pour les prochains épisodes. Plus, je me suis rendu compte que j'étayais beaucoup trop sur l'ensemble des enseignements et qu'il fallait que j'aille plus droit au but. Donc l'ensemble des prochains épisodes vont être un format un peu plus court, on sera sur des formats à peu près de 30 minutes à 45 minutes, max max max. J'ai vraiment envie de faire un truc actionnable, c'est quelque chose qui me ressemble, et donc c'est pour ça que j'ai envie d'aller droit à l'essentiel.
Pour ceux qui me connaissent pas, du coup, je suis Alexis Bouvet, je suis le CEO et le cofondateur de Growth Hiring, que j'ai présenté tout à l'heure. Pour compléter la présentation de Growth Hiring, c'est une entreprise qu'on a créée du coup avec Hugo et Marilou. Aujourd'hui, on est une trentaine de freelances qui travaillent, bah, pour cette belle mission qui est de créer une nouvelle discipline dans le monde du recrutement. On a accompagné déjà plus de 80 maintenant clients, formé plus de 750 personnes, et on a bientôt, attends, je crois qu'on est à 800 000, on n'a pas encore clôturé le compte, mais on a 800 000 € de chiffre d'affaires sur l'année une. Et du coup, bah, là on entame la prochaine année avec de beaux objectifs et surtout des belles transitions de vision et de direction, dont je vais vous parler tout de suite.
Les actualités de la semaine en très rapide. À titre perso, j'ai fait une belle course dimanche dernier, donc pas celui d'hier, mais du coup de la semaine d'avant. J'ai couru 10 km, je me suis préparé du coup pour faire un 10 km. Le but, c'était pas de tenir la distance, c'était pas l'objectif parce que j'avais déjà fait plus, mais l'objectif était d'aller chercher de la performance. C'est la première fois que je fais vraiment une course pour la perf, où je me suis entraîné vraiment avec des indicateurs, aller chercher un temps, et cetera.
Donc mon but, c'était d'aller chercher 45 minutes, ce qui faisait une allure de 4'30 le kilomètre, donc en gros je fais 1 km en 4'30. J'ai réussi à atteindre quasiment mon objectif, donc je suis pas du tout déçu, mais je suis vraiment assez proche : j'ai fait 46 minutes 30, donc il m'a manqué une minute 30 sur cet objectif. Mais je suis très très très content, parce que je m'attendais même pas à pouvoir dépasser les, bah, aller en dessous de la barre des 50 minutes. Donc grosse grosse grosse victoire, j'ai eu un bel entraînement avec mon coach. Il manque encore quelques minutes et quelques secondes, mais ça, du coup, ce sera pour les prochains.
Et du coup, ça fait plaisir, je me suis poussé vraiment beaucoup dans mes retranchements. J'ai jamais été aussi mal sur une course, j'avais eu envie de vomir à la fin, sur les 100 derniers mètres. Ça s'est joué énormément au mental sur les deux derniers mètres, je vous en parlerai un petit peu plus dans les enseignements. Mais hyper intéressant de me pousser à bout, aller au bout de mes limites et voir quelles sont ces zones justement dans lesquelles je peux un peu m'appréhender et m'apprivoiser.
Sur la partie pro, beaucoup d'échanges cette semaine. C'était, je pense, 40 % du temps sur la partie stratégie, échanges avec Hugo et Marilou pour affiner la vision, un business plan sur 3 ans, voir quelle est l'activité qu'on veut développer, quelles sont nos convictions sur le monde du recrutement, quelles sont les valeurs qu'on défend et surtout où est-ce qu'on veut aller. Donc hyper hyper intense. Un peu frustré, parce que on a moins exécuté, on était à 60 % je pense sur l'exécution. Je suis quand même une personne qui a l'habitude d'exécuter et d'aller dans l'opérationnel, donc assez frustrant de faire un step back pour mieux repartir. Mais pareil, je vais vous en parler, ça m'a beaucoup appris sur la patience et s'assurer d'aller au bon endroit avant d'exécuter.
Les enseignements de la semaine que je vais vous partager, il y en a six. Le premier, c'est la patience pour définir la bonne direction, puis exécuter. Le deuxième, l'herbe est toujours plus verte ailleurs, attention à ne pas succomber à la tentation. Trois, se projeter, laisser reposer les idées pour s'assurer qu'on va kiffer, c'est un peu flou mais je vous détaillerai juste après. Les enjeux d'aujourd'hui ne sont pas les enjeux de demain. L'extra mile améliore la force mentale. Et finalement, do things that don't scale.
On est parti pour ce 14e épisode, les amis, de S'entreprendre. Je vais prendre une petite gorgée d'eau comme à mon habitude, et on va partir sur ces six enseignements ensemble, et on va kiffer, c'est ça le plus important. Hop, petite gorgée d'eau. Alors vous, vous remarquez peut-être, je suis encore malade, c'est une catastrophe. J'ai développé du coup des allergies, je m'en suis rendu compte, plus j'ai chopé un virus. Je suis allé chez le médecin ce matin, j'ai chopé un virus, et normalement dans 2-3 jours ça devrait aller mieux.
C'est une catastrophe, je pense que la moitié de mes épisodes sont faits sous rhume ou sous allergie. J'espère que ça sera mieux pour les prochaines fois et que ça s'entend pas trop. En tout cas, excusez-moi toujours si je dois un peu racler ma gorge et si mon nez coule, mais on va faire avec et on accepte.
Premier enseignement : se projeter, laisser reposer les idées pour s'assurer qu'on va kiffer. Alors je l'ai mis en premier celui-là, ouais, OK, je l'ai mis en premier. Je l'ai mis en premier pourquoi ? Parce que ça va un peu dans la suite logique des réflexions qu'on a en ce moment avec Hugo et Marilou. Le constat qu'on a un petit peu en ce moment, c'est que, je l'ai dit dans les précédents épisodes, on avait l'impression qu'on était pas sur le bon business model.
On avait un marché assez fini, donc c'est-à-dire le marché de la formation dans le recrutement. On pouvait espérer aller chercher du 4 millions et être un peu bloqués et stagner là-dessus, et être avec des concurrents frontaux. Est-ce qu'on avait vraiment envie de faire ça ? Est-ce que c'était assez ? Est-ce que c'était aligné avec ce qu'on voulait faire ? Est-ce que on voulait vraiment être organisme de formation ? Est-ce qu'on captait toute la valeur ? La réponse est totalement non.
Et on avait décidé du coup, vous avez cette dernière info si vous avez écouté le dernier épisode, je vous invite à l'écouter, le 13e, qui était quand même assez intéressant, on avait décidé de monter un cabinet de recrutement. Parce qu'on a l'habitude d'accompagner les cabinets de recrutement, on en a accompagné 70, et on s'est rendu compte que, ben, on pouvait faire comme eux, voire largement mieux qu'eux, vu qu'on a des process, des, bah, des automatisations, des systèmes, des méthodologies qu'on a mis en place, qu'on met en place dans les cabinets. On voit en fait qu'on arrive vraiment à aller chercher des bons résultats et un bon gap.
Par contre, carrément, si on parle de chiffres, un cabinet qu'on accompagne, en moyenne c'est un panier moyen entre 10k et 15k, alors que lui, un recrutement qu'il fait, c'est 15k, il en fait au moins, je sais pas, 10 par entreprise qu'il accompagne. Donc en fait, on s'asseyait sur une énorme, bah, somme, cash, apport de valeur pour des clients finaux que nous-mêmes on pouvait faire à la place d'un cabinet. Donc on s'est projetés, on s'est dit : OK, on va lancer un cabinet de recrutement, c'est ce qu'on veut faire, et on va tester de faire ça, parce que c'est là où il y a le plus d'intérêt, et là où on aurait le plus avantage à aller pour aller capter toute la valeur et tout le cash globalement, et valoriser notre boîte tel un cabinet.
On avait pris ce chemin-là, pas cette décision finale, mais en tout cas c'est ce chemin-là. On s'était fait une terrasse vendredi soir et tout avec Hugo et Marilou, et on s'est dit : on laisse reposer ça le weekend, on se retrouve le lundi. Et en fait, le lundi, on était pas du tout, mais en tout cas beaucoup moins, dans l'engouement dans lequel on s'était laissés vendredi, où vendredi on s'est dit : bon bah let's go, on fait un cabinet, et cetera, finalement on va faire ça, et ce let's go. Et là, on s'est rendu compte qu'en laissant reposer l'idée, en se projetant à 2 ans, 3 ans, et en imaginant tout ça pendant tout le weekend, on s'est rendu compte que ça nous faisait pas du tout kiffer, mais en tout cas beaucoup moins que ce qu'on pensait.
Pourquoi ? Parce que nous, notre valeur ajoutée, c'est d'être dans le service. Bon, le recrutement et un cabinet de recrutement, c'est pas un souci là-dessus, mais c'est pas forcément, recruter, faire des entretiens, c'est pas notre kiff. Faire attention aux biais cognitifs, psychologie, et cetera, on a ces skills en nous, mais c'est pas forcément là où sont nos compétences clés. Et pourtant, pour créer un cabinet de recrutement, c'est vraiment là-dessus qu'on va se différencier pour être meilleurs que d'autres cabinets.
On peut être meilleurs dans le process, système, et cetera, pour gagner du temps et de la marge, mais la finalité, c'est la satisfaction des clients et s'assurer de trouver les bonnes personnes. Et ça nécessite de passer par la qualification, et ça, c'est pas là où on a une zone de génie. Donc on s'est dit, en fait, on a reposé cette idée, on a reposé ça un petit peu chacun de notre côté, on s'est retrouvés le lundi un peu frustrés en se disant : bah ouais, mais en fait, c'est pas la direction qu'on veut prendre.
Et on va partir du coup sur un système d'agence. On va placer des consultants, des experts Growth Hiring, qui vont implémenter le growth dans des boîtes, et c'est ce à quoi on croit, ce sont nos convictions du futur du recrutement. On est convaincus qu'il faut absolument qu'un growth puisse implémenter des nouveaux systèmes, des nouveaux process, pour recruter plus facilement et faire l'acquisition candidat. Et donc le meilleur moyen pour faire ça, ça va pas être de monter un cabinet de recrutement, parce que c'est internaliser seulement nous notre savoir et ne pas le diffuser, et être un peu égoïste. Et là, du coup, on s'est retrouvés sur un modèle où on est toujours dans le partage, dans la création de contenu, l'apport de valeur, et on va pouvoir avoir des experts qui vont mettre ça en place, et c'est ultra ultra aligné avec notre vision.
Donc l'enseignement que j'en tire de tout ça, c'est que finalement, faut laisser reposer ses idées, surtout quand c'est des grosses décisions pour le business. Prendre le temps de pas prendre la décision et de la repousser, et surtout essayer de se projeter, et essayer de tirer un peu comme un Excel sur 1 an, 2 ans, 3 ans : qu'est-ce que ça donne en termes de CA, qu'est-ce que ça donne en termes de nombre de personnes, est-ce qu'on a envie de gérer tant de personnes, est-ce que c'est des freelances, est-ce que c'est des CDI ? C'est toutes les questions donc qu'on s'est posées là avec le business plan sur 3 ans.
Et donc là, on a notre projet, notre plan acté sur les trois prochaines années. Et se projeter comme ça et se dire : OK, on signe tous là-dessus et on est raccord, ça a tellement d'impact, et ça permet tellement de, bah, prendre cette bonne décision. Parce que si on étire le trait et qu'on se rend compte qu'on n'est pas bien, qu'on n'est pas alignés avec tout ça, eh ben finalement, c'est peut-être pas la bonne décision.
Deuxième enseignement : patience, définissons le plan avant de l'exécuter. Ça, c'est un peu mon problème. Je suis un operation guy, je suis un mec qui exécute, je kiffe ça. J'aime la strat, j'aime prendre le temps, c'est pas exactement ça : j'aime la stratégie, mais ça me fait chier de perdre du temps concrètement. Je préfère exécuter les choses : j'ai un plan, paf, une to-do liste, j'exécute, et c'est ma zone de génie, je suis très bon là-dedans.
Le truc qu'on avait eu là, c'est qu'on a pris deux semaines à échanger avec plein de gens, à parler aussi entre nous, à raffiner les visions, comprendre les points de vue de chacun. Et ça prend énormément d'énergie, en tout cas moi ça m'en a pris beaucoup, parce que j'ai l'impression qu'on faisait un peu de la B intellectuelle, c'est comme ça qu'on dit chez nous, la branlette intellectuelle, et qu'on était pas dans l'exécution, et qu'on travaillait pas, et qu'on avançait pas au bon endroit. Je l'ai fait comprendre lundi de la semaine d'avant, donc il y a une semaine, où je voulais qu'on ait défini le plan, plus les 90 jours.
Et en fait, j'ai eu Hugo qui, bah, remettait en question pas mal de choses, notamment le modèle de cabinet, qui posait énormément de questions. J'avais l'impression que ça mettait plus de flou que ça apportait de réponses, en fait, et je m'étais braqué, brusqué, et je voulais tout simplement qu'on exécute. J'étais impatient, et du coup, je suis pas sorti de mes gonds, c'est pas du tout le mot, c'est pas le terme, c'est pas vénère, mais juste j'étais frustré en fait. J'étais juste frustré de pas pouvoir avancer.
Et après, on a rééchangé avec Hugo juste après, en se disant, en gros, je me suis rendu compte qu'il avait totalement raison. Il soulignait des points qui étaient hyper importants. Ce qui était frustrant pour moi, c'est que j'avais pas la réponse à ces points-là, et j'estimais qu'il fallait qu'on exécute pour avoir les réponses, et du coup on passait du temps à échanger, et cetera, au lieu d'exécuter. Je me suis rendu compte qu'il fallait que je sois patient, que j'accepte de traiter chacune de ces questions, qui sont importantes pour lui mais aussi importantes pour nous, pour s'assurer qu'on est dans la bonne direction. Et au fur et à mesure, il a soulevé des points qui étaient hyper importants et qui ont fait le déclic et le switch de pas faire un cabinet de recrutement, mais plutôt une agence.
Au final, finalité de l'histoire : il faut être patient, il faut savoir faire un step back, prendre le temps de répondre à toutes les questions, et s'assurer que tout le monde soit aligné vers le même objectif pour après exécuter le plan. Et c'est là où ça m'a pris du temps d'accepter d'être patient. J'ai été patient, on a échangé, on a affiné, et là du coup on est reparti. On est lundi, lundi, j'ai dit, on était le combien, le 15 juillet, et là tout est clair, tout est carré : le plan de 90 jours, 1 an, 2 ans, 3 ans. Et ça vaut bien le temps d'échanger là-dessus, parce que le jeu en vaut bien la chandelle.
Finalement, la leçon que je retire : être patient, savoir qu'il faut avancer à deux vitesses. Donc il y a le côté exécution plus réflexion stratégique, et c'est compliqué d'exécuter un plan, un ancien plan, quand on est en train d'écrire un nouveau. Et c'est comme ça, c'est le jeu : accepter et trouver les choses qui débloqueront la situation. Donc le fait de débloquer la situation, c'était de répondre à tous les enjeux et les questions qu'avait Hugo. Et chaque chose en son temps, mettons les choses step by step.
Comment on peut appliquer ça dans son quotidien ? Pour moi, il faut impliquer tout le monde dans la création de cette stratégie. Toutes les questions auxquelles il y a pas encore des réponses, s'y attarder s'il faut, si on arrive à avoir l'ensemble des éléments. Si on arrive pas à avoir l'ensemble des éléments, exécutons pour avoir plus d'informations, ou parlons avec des personnes qui sont passées par les choses ou qui ont les réponses à nos questions. Et s'assurer que tout le monde est aligné, sinon ce sera un retour en arrière tôt ou tard. Donc il faut éviter cette dette de doute, qui peut démotiver aussi tout le monde.
Troisième enseignement, on est parti en avance, on est efficaces. Troisième enseignement : l'herbe est toujours plus verte ailleurs, prenons soin de nos jardins. Je sais pas si vous vous rendez compte, et je pense que c'est le syndrome un peu des entrepreneurs, c'est qu'on a envie toujours de faire autre chose. On trouve ça plus simple de défocus, de faire un nouveau projet, de quitter notre projet existant en se disant qu'on recommence, parce que on a de la friction, on a un obstacle, on a un truc qui nous fait peur, qui est insurmontable, et du coup on se dit : je l'écarte et je fais un chemin qui est plus facile.
Combien de fois, je pense que ça nous est tous arrivé en tant qu'entrepreneurs, peut-être pas tous tous, mais je pense qu'en partie on a tous eu ces réflexions : pourquoi je fais tout ça, pourquoi je me casse la tête, et pourquoi j'irais pas chercher un CDI où je serais bien payé, je ferais du 9h-17h, je serais content, je passerais du temps avec mes potes, avec ma famille, et j'arrêterais de me prendre la tête avec ces histoires entrepreneuriales. Pareil, pourquoi je me lancerais pas en freelance, je ferais des TJM hyper élevés, et je serais tout seul, et ça se passerait très très bien. Je prends juste une gorgée d'eau et je vous laisse vous poser ces questions-là si c'est le cas, et je reviens.
On s'est tous posé ces questions, et c'est totalement légitime, parce que quand c'est dur, quand on arrive dans des phases où c'est le mental qui est mis à l'épreuve, on a des moments de doute. Et c'est à ce moment-là qu'il faut pas faiblir, et c'est souvent à ce moment-là que c'est le plus dur, parce qu'on va justement penser à ces choses-là. Et notamment, une des choses qui nous arrive beaucoup, c'est de vouloir faire autre chose.
Ça peut arriver, on peut prendre d'autres exemples, dans les relations amoureuses. On est en couple avec une personne, ça se passe mal, OK, on se dit : bon, j'arrête ma relation, c'est pas la bonne personne, elle est chiante, elle est aigrie, et cetera. Du coup je passe avec une autre personne, ce sera plus simple, ça m'apporte plus d'amour, plus de passion, plus de rire, et du coup je vais passer à autre chose avec une autre personne qui m'apporte plus à l'instant T. Le truc qu'on fait, c'est un peu de la lâcheté, c'est de laisser ce projet-là, de pas se battre pour ça, de pas trouver les solutions pour l'améliorer, et ce qu'on préfère, c'est choisir la facilité d'aller voir autre chose.
L'enseignement qu'on peut retirer de tout ça, c'est qu'au final, ça va être plus simple d'abandonner que de rester constant et de capitaliser sur ce que l'on a. Selon moi, il faut trouver des solutions pour améliorer l'existant ou pivoter, mais pas forcément abandonner les choses dès qu'il y a des instants de faiblesse. Et surtout, si c'est aligné avec votre vision, continuez, et on trouve juste des solutions. On se rend compte que l'herbe est toujours plus verte ailleurs, c'est toujours ce qu'on se dit, et ce qui se cache derrière, c'est qu'il y a toujours des vices cachés.
Donc le fait d'aller trouver l'herbe plus verte ailleurs, ça sous-entend en dessous des astérisques sur des contrats, en te rendant compte par exemple, si, tu vois, je sais pas, je dis n'importe quoi, il y a une fille que tu trouves dans un bar, qui te fait rire à l'instant T, et cetera, tu dis : bah elle est géniale, je vais tromper ma meuf, trop bien. Par contre, derrière, tu te rends pas compte que, bah, cette personne-là, elle est instable émotionnellement, elle a pas des bonnes relations amoureuses, c'est pas une personne avec qui tu vas construire. Et si ta situation actuelle avec ton copain ou ta copine est compliquée, résous ce problème-là, comprends le pourquoi, communique pour améliorer l'existant plutôt que fuir et aller chercher de l'herbe plus verte ailleurs.
Je me suis perdu. Et se poser cette question, ouais, et surtout se demander, je pense que c'est ça aussi qui est hyper important, c'est de se demander pourquoi on va vouloir voir l'herbe du voisin qui est plus verte ailleurs. C'est qu'il y a une problématique existante dans son quotidien ou dans les sujets du moment, et c'est ça qu'il faut résoudre, et pas regarder à droite. Voilà, petite conclusion qui est vraiment nulle à chier, je l'avoue, mais vous avez compris l'idée.
Quatrième enseignement : les enjeux d'aujourd'hui ne sont pas les enjeux de demain. Ça, c'est une phrase que j'ai beaucoup entendue de mes prospects. Je les ai contactés par exemple en janvier, ils avaient des enjeux, c'était un peu compliqué, il y avait des priorisations, et cetera, à faire. Paf, je les ai recontactés 3-4 mois après, ils me disent : ah, c'est plus du tout dans mes enjeux. Et en fait, j'ai l'impression que c'est une situation dans laquelle on se retrouve tous, et en fait c'est très lié au timing, et du coup faut arriver au bon moment, et avoir le timing qui est bon, et que les personnes pensent à nous de manière constante.
On peut prendre un exemple : imaginons que j'ai besoin de trouver un prof pour de la philosophie ou faire des cours de théâtre. À l'instant, je suis passionné par le truc, ça m'intéresse, tac, je regarde les bouquins, je vais chercher un prof. Puis au final, je me rends compte que, je sais pas, j'ai des potes qui font du triathlon, paf, j'ai envie de faire du triathlon, et du coup c'est plus du tout mon sujet du moment d'aller chercher un prof de théâtre ou de philo. Par contre, si ça avait été il y a deux mois, tu serais venu à ce moment-là me proposer des services, et cetera, j'aurais peut-être consacré du temps disponible pour ce prof-là et cette discipline-là, au lieu d'aller chercher du triathlon. Et donc tu viens me voir deux mois après, c'est plus du tout dans mes sujets, j'accorde même pas de temps ou de charge mentale sur ces parties-là.
Demain, vous avez soit trouvé, ou finalement vous vous êtes rendu compte que vous voulez faire autre chose, et donc c'est là que ça va avoir un switch. Et c'est pareil pour vos prospects. Et c'est pour ça que c'est hyper important de relancer, de montrer constamment ce que vous faites, de créer des relations, inviter les gens à dîner, partager du contenu, pour que les gens, à l'instant T, lorsqu'ils ont ce besoin-là, ils pensent à vous, ils vous appellent, et ils se disent : vous êtes la bonne personne pour m'aider. Parce que l'enjeu qu'il a aujourd'hui ne sera pas l'enjeu de demain, et donc faut arriver au bon moment, il faut le cueillir au bon moment.
Parce qu'il y a plein de facteurs : il va y avoir des facteurs économiques, le marché, le budget qui est alloué, la structuration en interne, la stratégie. Il y a plein de choses qui peuvent faire prendre d'autres décisions à vos prospects et ne pas travailler avec vous. Donc aligner absolument le timing avec l'importance de résoudre un problème à l'instant T, hyper important, et surtout arriver au bon moment et relancer les gens pour qu'ils puissent faire appel à vous.
Cinquième enseignement : l'extra mile améliore la force mentale. Ça, je l'ai appris avec tous mes entraînements de triathlon. Il y a une notion que j'aime bien me mettre en plus, c'est le extra mile. Ça, c'est un petit kiff qu'on a aussi avec Paul, mon coloc, avec qui aussi je prépare les triathlons. C'est de se dire : comment tu peux aller chercher cet extra mile, cet effort supplémentaire, dans tes entraînements, dans tout ce que tu fais, pour améliorer ta force mentale ?
Souvent, quand on a des périodes qui sont dures, je prends mon exemple du 10 km que j'ai fait la semaine dernière. J'ai fait ce 10 km, lorsque j'avais les deux derniers kilomètres, c'était hyper dur. Je me suis dit : je ralentis. Je me suis dit : en vrai, arrête-toi. Je voyais des gens qui étaient sur le bas-côté, qui marchaient : vas-y, marche. Et j'avais toutes ces pensées qui m'arrivaient dans la tête, et au lieu de ça, bah, j'accélère, je fais l'extra mile. Et c'est à ce moment-là qu'on endurcit sa force mentale.
C'est souvent dans ces moments où le physique nous lâche, et du coup le mental doit prendre le relais. Et donc ce mental-là, pour le blinder au max, il faut faire l'extra mile, l'effort supplémentaire, qui est plutôt psychologique et qui va impacter le physique. Et donc ça, on peut le retrouver dans la course, on peut le retrouver aussi dans le business, dans le service client par exemple, ça marche très bien. À quel point on va satisfaire un client de manière de base, qui est 10 sur 10, et après, comment on va aller chercher l'extra mile qui va faire qu'on va améliorer notre service, le rendre encore plus content, et avoir ce mindset d'extra mile dans tout ce qu'on fait.
Donc je pense qu'il est hyper important de faire l'effort supplémentaire en plus. Ça veut pas dire qu'il faut, et ça il faut le prendre avec des pincettes, ça dépend des contextes et ça dépend de qui ça touche. Si par exemple vous devez faire une landing page qui doit sortir, et faire un 80 %, faites-le, ça sert à rien d'aller chercher l'extra mile. Le 20 % que vous allez passer en plus, ça va être tellement plus important que le 80 % que vous avez mis déjà pour créer juste la structure. Donc attention à ne pas prendre ça à la lettre, mais c'est plutôt dans certains cas, certaines circonstances.
Faites l'effort supplémentaire qui aura de l'impact, quelque chose de qualitatif, et surtout quand ça impacte d'autres personnes. C'est ce qui va vous faire progresser, ce qui va vous faire améliorer votre set, c'est les choses aussi qui vont marquer des gens, d'avoir de la qualité derrière. Et surtout, c'est, bah, avoir un mindset d'extra mile au quotidien dans tout ce qu'on fait, au maximum, et aller chercher vraiment la petite pépite supplémentaire.
Et finalement, sixième enseignement : do things that don't scale. Le constat que je me suis fait, en fait, je me suis rendu compte que, en tant que growth, entrepreneur ou personne qui va chercher de la performance et de la productivité, j'ai un biais, tout simplement : j'ai envie de tout automatiser direct. Dès qu'on met en place une action, pas de la processer, de l'automatiser à chaque fois, c'est un peu une déformation professionnelle. Et on peut s'en rendre compte par exemple quand on va contacter des clients : en tant que growth, tu as direct envie de lancer des campagnes, automatiser des choses, déléguer et le faire directement à scale.
Et là, par exemple, nous, on est dans une phase, on va réexplorer un nouveau marché, on va targetter des ESN par exemple, des TPE, des PME, des ETI. On va ouvrir un peu les vannes pour notre nouveau service, qui est un système de consulting : on va aller dans les entreprises et implémenter le growth chez eux. Par contre, au début, il faut faire tout manuellement, faire des choses qui ne scalent pas. Et ça, c'est hyper important, parce que une personne, par exemple un cabinet de recrutement qu'on a l'habitude de contacter, je contacte pas du tout de la même manière une ESN qui aurait besoin des services de consulting.
J'ai besoin de voir chaque personne de manière qualitative, prendre des déjeuners, échanger avec des gens, passer du temps, tout documenter et faire des choses qui ne scalent pas. Et faire ça pendant 90 jours sur toute la partie exploration, ça va demander du temps, ça va demander de l'effort, mais derrière, ça me fait tellement gagner en connaissance, en verbatim, en wording, en compréhension de ma cible, que toutes les choses que je vais vouloir automatiser par la suite, je vais bien le faire, avec les bons éléments, avec le bon fond, avec les bons sujets.
Pareil pour la partie production. Imaginons tous les premiers consultants, bah, les premières missions de consulting qu'on va avoir, c'est nous qui allons nous en occuper : Hugo, Marilou, moi, on va mettre les mains dans le cambouis, on va refaire l'opérationnel là-dessus avant de déléguer. Pourquoi ? Parce que ça nous permet de voir toutes les situations, où est-ce qu'on est les meilleurs, où est-ce qu'on va apporter de la valeur, où est-ce qu'on va résoudre un pain, hyper important. Et aujourd'hui, c'est nous qui avons toute la secret sauce avant même de déléguer, et c'est nous qui pourrons avoir cette mentalité d'extra mile.
Et ça, c'est hyper important, parce qu'on va réussir à garder le contrôle sur notre service jusqu'à ce que le client soit hyper satisfait, qu'on arrive à faire ça avec une dizaine de clients, et après on repart sur ce process de délégation, de scaler, mettre en place des process, mais pas avant. Au début, il faut faire des choses qui ne scalent pas. Et même, il y a beaucoup de choses, en tant qu'entrepreneur, que vous devez faire qui ne scalent pas : partager des choses, apporter de la valeur, prendre des dîners, prendre des verres, aller à des événements. Toutes ces choses-là, c'est pas du tout scalable, mais pourtant, c'est ça qui va vous donner des idées, qui vont vous faire rencontrer des personnes qui vont être géniales, et au final, géniaux, je crois, une personne géniale, donc des personnes géniales. Et surtout, de temps en temps, juste une rencontre peut vraiment changer le cours de votre boîte. Donc faites des choses qui ne scalent pas, ça aura des bénéfices.
Voilà les amis, on arrive à la fin de cet épisode. Je vous avais promis un épisode court, efficace et concis, on est à 29 minutes, ça me laisse pile poil le temps de vous résumer les six points clés. Le premier : se projeter, laisser reposer les idées pour s'assurer qu'on va kiffer et que vous êtes aligné avec cette décision. Le deuxième : patience les amis, patience, patience, définissez le plan avant de l'exécuter. Le troisième enseignement : l'herbe est toujours plus verte ailleurs, attention, prenons soin de nos jardins, c'est plus important que regarder le jardin à côté.
Quatrième enseignement : les enjeux d'aujourd'hui ne sont pas les enjeux de demain, donc assurez-vous d'être là au bon moment et d'avoir le bon timing. Cinquième enseignement : l'extra mile améliore la force mentale, aller chercher l'effort en plus. Et finalement, sixième enseignement : do things that don't scale, faites les choses manuellement avant de vouloir tout automatiser et scaler.
Les amis, je vous fais un gros bisou. Là, moi, je vais peut-être bientôt aller me coucher, c'est le moment, parce que j'ai un train demain à 7h30, donc ça va faire pas beaucoup d'heures de sommeil, un peu de dette que je vais rattraper tout au long de la semaine, même si c'est intense en termes d'entraînement. Je vous raconte tout ça cette fin de semaine, j'espère faire un épisode ce dimanche. En attendant, prenez soin de vous, c'est important, et à très vite. Ciao !